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 Une belle journée ensoleillée, délicatement ensanglantée [PV Axaël]

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MessageSujet: Une belle journée ensoleillée, délicatement ensanglantée [PV Axaël]   Dim 13 Mar - 23:04

Tu sais, Deserty, lorsque ces charbons ardents ont enflammés ta joue en larmes, j’ai souris. J’en fus très heureux. Car tu sais, ma chère enfant, lorsque nos paroles se réalisent, alors la victoire est assurée. J’ai su dès cet instant, que je pouvais déguiser ton histoire et ton âme de mes mots et de ma volonté. Deserty, tu es à Moi.

Voilà que tu marches seule. Sans main pour te rattraper, bien que ton innocence te suit de loin. Solitude inexplicable qui t’a prise, comme ça, à sortir de ton lit de feuillages, pour venir toucher de tes mains, l’air pur de la montagne. L’on dirait une vieille femme venue voir un souvenir. Venue s’assurer qu’elle n’avait rien laissé en arrière…Deserty, n’est-ce pas que toi, tu as perdu une chose incroyable à cet endroit ? Peut-être ta vie, en fait.

Faible. Si faible. Toujours à espérer. Non. Tu n’espères pas. C’est vrai. Tu en as terminé avec ces futilités. Tu l’as dit. Tu l’as toujours murmuré depuis que tu as su qu’il ne te restait que peu de temps à vivre. C’est étrange, un humain ne croyant plus en rien. Il a l’air vide de sens. Perdu au fond d’un gouffre silencieux, où ses lamentions ne rencontrent comme échos les cris et sanglots d’une âme déchirée…Haha. Deserty, tu es vide de sens. Cela se voit à ta démarche, à ta façon de penser, à la manière dont tu respires, à ton pauvre regard fermé.

Habillée de fourrures, fermant à jamais tes yeux troublés par ces morts. La souffrance. Tu ne l’as ressens pas ainsi. Serais-tu un monstre, Deserty ? Ne pas souffrir de ne plus avoir de famille…Immonde chose semblable à un bouton purulent sur ma main. Je n’ai qu’à te percer pour que tu te vides de ton sang et de tes pêchés. L’amertume. Oui. Le regret. Oh oui ! Et le remord ? Ressens-tu le remord ? A vouloir tant et plus te susurrer « Et si je n’avais pas dit ces mots, je serais encore là-bas, à vivre ce que j’ai toujours voulu obtenir ». Alors, tu cherches. La solution. Ton passé. Une nostalgie inouïe qui te ronge.

Cet endroit. Cette forêt aux odeurs enivrantes. Humide. Fraîche. Glacée par le temps et l’hiver. Mais il y a de la vie. Oui ! Tes paupières clairsemées de points blancs, tu le sens, tout bouge, tout vole ! Sauf toi. Toi, la statue aux mirages. Celle aux larmes refoulées. Mourir. Tu vas mourir. Pourtant, avant de te traîner dans ta crasse et ta volupté maladive, tu poursuis cette vie que tu as menée.

N’est-ce pas à cinq ans que Papa t’a fait visiter la forêt ? Il disait que le vieux chêne était le foyer de la fée de la forêt. Autant aller vérifier ceci, non ? Oui. Retourner dans cette innocence, cette blancheur enracinée dans ton cœur et couverte des cendres de ta tragédie, du charbon de ton mutisme…Voici ce que tu veux, Deserty. Retrouver des moments heureux et les voler de ces endroits pour qu’ils recouvrent ta rancoeur, tes regrets. Ah ! Deserty ! Pitoyable chose que j’ai créée ! Tu t’en veux et je le sais. Je suis ton Créateur, je te connais. Tu n’attends plus rien du futur ! Car il n’y a rien à y chercher ! Ton train ? Raté. Alors, autant rester embourber dans ce sang et cette laideur, n’est-ce pas ?

Disparu, l’être aux paroles tortueuses. Voilà que mon esprit se retrouve désembruni des soupçons de mon imagination…Je me demande qui me parle, lorsque je suis seule. Il semble que la folie attende son heure pour venir me rire au nez. Je lève mon visage de la grosse fourrure de mon manteau, fixant de ce regard fermé une silhouette inconnue. Alors, suis-je arrivée ? Le chêne, le foyer de la fée des forêts se tient devant moi.

- Кого - это ?

Ma main rencontra mes lèvres bleutées. Pourquoi parlais-je encore le russe ? Qui comprendrait cette langue... Mais j’aime bien me laisser emporter par la langue de Maman. Elle me rapproche un peu d’elle…Je me demande si Elizabeth l’embête encore. Si elle attend de me frapper, pour me dire je t’aime et tu m’as manqué. Ne t’inquiètes pas, méchant démon, je viendrais bientôt te rejoindre…
Sourire contrit. A quoi penses-tu encore, Deserty ? A te laisser naviguer dans les eaux sombres de ton esprit, tu vas finir comateuse, ma chérie…Je repris, d’un accent légèrement russe, retrouvant la langue de mon père, ce qui me surprit assez je dois dire ; depuis le temps que je ne communique plus avec elle, j’aurais dû perdre la main…

-Qui est là ?

Ma voix s'adressait aussi bien à l'aura se trouvant non loin, qu'au Jabberwocky s'étant rapproché de moi, celui-ci laissant apparaître un regard curieux quoique méfiant sur son visage. Je me demandais qui pouvait être l'individu en face moi. La peur qu'il s'agisse d'un exorciste venu nous chercher, moi et Jabber', tirailla mon ventre. Je fus prise d'une irrésistible envie de fuir. Je ne voulais pas retourner à la Congrégation. Je préférais mourir que d'y aller. Je tremblais, sans pouvoir contrôler cette angoisse, cette adrénaline que mon innocence ressentie. Il répéta la question, de sa voix légèrement hachée, prêt à se battre ou encore à s'envoler pour nous cacher. Je ne voulais pas, par pitié, je ne voulais pas y revenir...Je vous en prie, faites qu'il s'agisse de mon imagination !

Je fixe le ciel, en direction du beau chêne. A quoi peut-il ressembler maintenant ? Si je me remémore bien, il y a quinze ans, il était couvert de mousses mais ses feuilles vertes servaient à merveille d’ombre lorsque la chaleur se faisait trop forte. Un jour, Papa m’a raconté cette histoire, sur ce chêne. Il avait son joli sourire en biais, et ses yeux un peu compatissants en me voyant ramper vers lui, presque affectueux. Il m’a dit, que c’était un peu comme l’arbre généalogique de la famille, que chaque branche représentait un grand-père, une sœur, une tante, et que, jusqu’à ce que l’arbre meurt, la famille continuerait à vivre.

- S'il vous plaît, donnez-moi un nom, ou une classe, que je sache qui vous êtes...

Je me demande bien si ma branche est encore verte, ou bien peut-être est-elle cassée ? Ou même brûlée ? En y repensant cela doit être logique. Ah lala. Je suis désolée Papa, mais je crois que j’ai cassé ton conte un peu tôt. La famille va disparaître avec moi…J’ai touché mon masque, songeuse, sentant encore les afflux incessants de la maladie. Envie de vomir. De s’évanouir. De tomber au sol. Mais pas devant quelqu’un. Non. Je préfère mourir seule, dans mes vomissements et ma crasse. Un peu de dignité, ça ne fait pas de mal…Alors, je souris, repensant à cette jolie année, la saison de l’été, bref mes moments heureux.
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MessageSujet: Re: Une belle journée ensoleillée, délicatement ensanglantée [PV Axaël]   Dim 20 Mar - 14:37

J’avais l’impression de voir. Oui, à force de se remémorer les branchages, les lieux, les racines torsadées et même les fleurs fanées, on en venait à croire qu’il s’agissait de la réalité. Ma réalité, à moi. Si j’en crois mes paroles et mes ressentis, j’étais en train de m’enfoncer dans un monde irréel et mélancolique composé seulement de mon imagination et de mes souvenirs. Chaque détail semblait ancien, mais paraissait par les mains de mon âme, appartenir au présent. Je croyais voir, alors que je ne faisais que me souvenir. Il est dur d’imaginer un paysage sans se servir de notre mémoire, des choses partielles observées du coin de l’œil. Je crois même que personne n’y est arrivé ; façonner une histoire sans se servir de son passé. N’ai-je pas raison, narrateur ?

Cesses de m’appeler ainsi. Pour toi je suis peut-être le narrateur, pour moi je suis Moi. Je n’utilise rien qui ne m’appartienne sauf des mots, sauf ma voix et mes ressentis. Je te trouve toujours pitoyable, Deserty. Je ne pourrais me faire à l’idée que tu puisses croire une seule seconde que j’ai vécu ce que tu as vécu. Je ne suis pas laid. Je ne suis pas au bord de la mort. Je n’ai rien perdu, car je n’ai rien eu. Et si cela se trouve, mon enfant, je ne suis que le fruit de ton imagination. Un monstre né de ton ombre, ta part silencieuse et profonde, la partie immergée de l’iceberg. Dans ce cas, Deserty, tu ne peux savoir si tu as tort ou raison, car je suis toi, car tu es moi.

J’ose à peine me rapprocher du chêne aux contours un peu vieillis. J’ai l’impression d’être enracinée sur place, paralysée par une chose inconnue, qui ne veut pas me laisser avancer. Je me sens embourbée, fatiguée, enlisée dans une boue immonde qui me fait penser à du sang. Mon imagination est grandiose. J’en suis apeurée…Avoir peur de soi-même, est-on considéré comme fou ? Si je dois en tirer des conclusions hâtives il s’agirait là de moi-même. Le problème au fait que je ne puisse attraper la vie et suivre son chemin, c’est que je m’arrête moi-même. Pourtant, j’aimerai courir, la rattraper, j’ai envie, je le veux…Qu’est-ce qui m’en empêche ? Pourquoi ne puis-je sourire au monde et savourer le temps qu’il me reste à vivre ? Qu’est-ce qui cloche chez moi ?...

Ma présence même est un problème, Deserty. Si tu arrêtais de m’imaginer, d’entendre ma voix, tout irait bien mieux. Mais tu ne peux, n’est-ce pas ? Tu n’y arrive pas, à vivre ta vie sans écouter mes mots. Et dieu sait, que tu en a besoin, de mes paroles. Ahah ! Comme j’ai l’impression d’être le maître et toi mon chien. Tu ne peux t’asseoir sans que je te l’ordonne, ni même manger sans obtenir mon consentement. Et si j’étais toi, cela voudrait-il dire que tu demandes l’autorisation à toi-même, Deserty ? Sale petite folle ! Vieille gondole ! Disloquée ! Disjonctée ! Folle à lier ! Massacrée ! Sans beauté ! Trouée ! Suicidée ! Imaginée ! Tuée.

« Axaël Delcambre. Exorciste. »


Je sors de mon esprit, comme d’un rêve. Cette réalité m’entourant revient brusquement autour de moi. Le froid. La neige. Les oiseaux. Le petit vent. J’avais même oublié mon interlocutrice. J’ai frotté mon œil à jamais fermé, l’autre caché par mon demi-masque. Je sentais mon corps ankylosé par la fatigue. Cela devait être dû à la dernière nuit blanche passée à surveiller les environs, toujours collée dans les bras de mon innocence lorsqu'il court. Innocence. Exorciste. Exorciste ?

Peur. Panique. Fuite. Je ne voulais que cela. La congrégation m'a rattrapé. Elle m'a entre ses paumes moites et visqueuses...J'ai peur. Si peur. Je ne veux pas. Non. Je ne veux pas y retourner, dans ce sombre endroit aux regards avides. Je ne veux plus avoir mal...Alors, que faire ? Elle est là. En face de moi. Sous la forme de cette femme aux cheveux roux. Dois-je courir ? Tu ne peux plus courir, Deserty. Dois-je pleurer ? Tu n'as plus le droit de pleurer, Deserty. Dois-je mourir ? Hihi, tu es pitoyable, Deserty ♥.

Dans un univers aux intensités folles, je ne peux que fermer les yeux. Dans la noirceur d'une âme déchirée, je ne peux que pleurer. Dans cet isolement aux murs infinis, je ne peux m'échapper. Acculée, désirée, apeurée. Telle une bête infâme, je recule d'un pas. Oui, je sais pour quoi elle vient, pour qui elle vient. Et je ne veux pas y aller...Cheveux rouges faisant, il siffle, d'un air menaçant. Sang, de ces cheveux, il veut le répandre. Pourpres, ses yeux, il fusille d'un air colérique. Jabber', toi aussi, as-tu peur ? Il ne s'agit que d'une innocence, elle ne peut avoir peur. Peut-être ressent-elle la colère, la curiosité, la violence, la faim, mais pas la peur...Il s'agit d'une arme, quel intérêt y aurait-il à ce qu'elle soit effrayée ?

- Je ne veux pas y revenir. S'il vous plaît, laissez-moi tranquille...Je ne veux plus avoir mal.

Ce n'était qu'un chuchotis. Une supplication saupoudrée d'infimes sanglots transformés en une respiration saccadée. La souffrance, je l'ai déjà ressentie. Dans cette maison, aux abords brûlés. Sous ces corps à l'odeur nauséabonde. Dans ce liquide vermeil volant mes souvenirs. Sur cette table illuminée, emprisonnée dans ces regards emplis de curiosité, dans la douleur du scalpel planté. Non, je ne veux pas finir ainsi. De même que je ne veux pas me battre. Je n'ai qu'un an. Un an à vivre. Dois-je vraiment le consacrer aux expériences de scientifiques heureux ? Laissez-moi cette année. Je veux la savourer...

-Laissez-nous, par pitié. Je ne veux plus avoir mal...

Tu répètes, tu suppliques. Aucune réponse à tes larmes frustrées, à ta voix enraillée, à ton visage si délicatement contractée dans la venue du coup fatidique. L'on va te dévorer. Te torturer. Te tuer pour mieux comprendre cette innocence humanisée. Si seulement tu pouvais leur donner...Qu'on te laisse tranquille. Abandonnes Jabberwocky, c'est ton seul moyen de survie. Pourtant, tu n'y arriveras pas, n'est-ce pas ? Il s'agit de toi. De ta part inconnue. De celle douce et reposante. L'abandonner, c'est comme offrir ton âme en pâture...

Jabber' fixe la dénommée Axaël d'un air impassible, froid et presque hautain. Si seulement, il savait ressentir le mépris...Tu sais qu'il la regarde, évaluant ses chances de la blesser puis de s'échapper avec toi dans ses bras. Tu as peur. Ton cœur est blessé, comme tout ton corps fatigué. Lorsqu'il s'active, tu as mal, car il ne retient pas ses coups, il ne les retient pas jusqu'à ce que tu t'évanouisses dans ton sang. Ton innocence est ainsi, il ne comprend pas pourquoi il devrait contenir sa force pour sa compatible. Il siffle. Il va bondir. C'est leur seule chance de s'en sortir. Mais c'est aussi des informations à donner sur leurs capacités. Que faire ? Souffrir ou mourir ? Dans les deux cas, cela te rapproche de la mort, non ? Tu baisses les yeux.

- Je ne veux pas mourir, s'il vous plaît, laissez-moi partir...

Encore ce sifflement animal effleurant ton oreille. La colère, tu la sent, son envie de violence et de sang. Tu frissonnes. C'est un monstre. Pourquoi en as-tu hérité ? Pourquoi toi ? Voilà qu'il s'avance d'un pas, il bouillonne. Et elle ? Ne peut-elle pas te laisser fuir ? C'est sa mission ; te ramener. Mademoiselle Delcambre n'en a rien à faire de savoir ce que tu vas devenir après. C'est la société de la Congrégation qui lui a donné naissance...Et cela t'effraie. Aucune pitié. Alors autant le laisser aller. Tes épaules s'affaissent, et le sifflement se tût.

- Laissez-moi...partir.

[Il est très bien ton post o_o]
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Une belle journée ensoleillée, délicatement ensanglantée [PV Axaël]

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